Taïwan

Février 2024.

Ce n’est pas un coup de tête, mais pas loin : j’ai pris mon billet moins de 6 semaines avant le départ.

Hésitation avec le Cambodge, qui m’attendait pour février 2020, et que je n’ai toujours pas visité. Mais compte-tenu du contexte géopolitique (bon, globalement, avant qu’ils ne se prennent la Chine sur la tronche), je privilégie Taïwan.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion d’aller me perdre dans un pays dont je ne parle pas la langue, ni ne suis capable de la déchiffrer. C’est finalement un coup de cœur. Une petite île (400km*150km) riche culturellement et sportivement. En 2 semaines j’en ai tiré l’essence basique, mais il faut y rester au moins 3 semaines pour vraiment en profiter. Et plus si affinités…

 

 

Le départ n’est pas si simple : pour ne pas changer, grève des trains. Je n’ai donc plus de train pour rallier Paris. J’annule donc ma nuit d’hôtel, prend ma voiture, trouve des covoitureurs, et me fait héberger pour la première nuit, en sachant que je pourrai laisser la voiture 2 semaines sur place. Mais cela rajoute du stress et de la fatigue.

 

image Larousse :  https://www.larousse.fr/encyclopedie/cartes/Ta%C3%AFwan/1306145

Pour faire simple, Taïwan est habitée depuis plus de 25 000 ans. C’est un ensemble d’île, dont la plus grande porte le nom de Taïwan, anciennement Formose. Les Anglais y ont posé un pied, mais ce sont surtout les Hollandais qui y ont fondé des comptoirs.

A partir du XVIIème siècle débarquent les Hans, puis les Mandchous. Les Japonais colonisent l’île de 1895 à 1945, exterminant des tribus. Enfin, en 1949, le Kuomintang, fuyant les Communistes, s’y installe. Au passage, ils ont apporté beaucoup d’objets de la Chine impériale, que l’on peut voir dans un des musées de Taïpei.

De 1950 à 1980 l’ile vit sous la dictature de Tchang Kaï-chek. Mais c’est maintenant une des plus grandes démocratie du monde, et qui sans effacer son passé, questionne son héritage, notamment colonial.

 

Niveau langue, les tribus ont leur propre langue, plus de 16, réparties en 4 sous-groupes. Il existe aussi une langue taïwanaise, qui s’est imposée à nouveau dans l’administration et à l’école depuis 2018, pour remplacer le mandarin imposé depuis 1949. Beaucoup de personnes, de tous âges, parlent anglais, même si y compris dans certains hôtel c’est un peu compliqué.

 

Tips 

Prendre une carte Sim locale. Ils ont des cartes spéciales, par exemple pour 15 jours ou 3 semaines, avec data illimitées (et si on abuse il réduisent le débit, mais ça va). En plus à l’aéroport, ils vous l’installent dans le téléphone et la testent, avant de vous faire payer. Cela reste très abordable, de l’ordre de 20 à 30 euros pour 2 semaines.

Prendre une carte « Easycard ». Rechargeable dans les supérettes ou le métro, elle fonctionne sur toute l’île pour les métros des différentes villes, les bus urbains et intercités, et même certains trains. 

 

Taipei

Je commence par 2 jours à Taipei. Il fait très chaud (27, ressenti 32, fort taux d’humidité), j’ai 15h de vol dans les pattes, je suis assez épuisée.

Heureusement c’est assez simple de se repérer. La ville est immense, mais le métro est facile d’accès et bilingue anglais. Des parapluies sont à disposition des usagers, à chaque entrée, au cas où…. Je décide quand même de marcher, car c’est un bon moyen de découvrir la ville, et qu’autour de mon hébergement j’ai de quoi faire. Dans ce quartier, la plupart des trottoirs sont couverts par les bâtiments, qui s’élargissent à partir du 2ème étage. La ville me rappelle beaucoup Tokyo.

Jour 1 

Je me balade d’abord pas très loin de l’hôtel, dans le parc de la paix, vers le palais présidentiel (que je visiterai le lendemain matin), avant d’aller sur la place de la Liberté et le mémorial de Tchang Kaï-Chek, là-bas tout au fond….

Je poursuis par le parc botanique, très agréable, et la red house, ancienne maison coloniale devenue centre commercial. 

J’ai gardé la tour 101 pour la fin de journée : j’y assiste au coucher de soleil…

Jour 2 

Je commence par la visite du palais présidentiel (attention cela ferme à 11h) et enchaine vers l’ouest et les reliquats japonais de Nishi Honganji. Je visite ensuite les temples de Bangka Lungshan et Bangka Qingshan. Je prend le métro, et pars tout à l’est, au terminus de la ligne 2 : à quelques minutes à pieds de la station de Xiangshan part le « sentier » de randonnée de la Montagne éléphant, d’où la vue sur la ville est sublime. Je termine ma journée au parc Daan, immense, et bordé par la mosquée.

Hualien

La plus grande ville de la côte est, fortement impactée par le tremblement de terre du printemps 2024. Très longtemps isolée, car le Pacifique est compliqué à gérer à cet endroit, et elle est au nord limitée par plusieurs chaînes de montagnes parallèles. Il a fallu attendre longtemps (les années 1980 !) pour que des tunnels soient creusés sous les montagnes, mettant ainsi la ville à 3 heures de train de la capitale, par le nord.

Elle est la porte d’entrée pour la vallée et le parc national de Taroko. Avec la politique du 0 mort, ce parc naturel, dont les ressources de marbre sont toujours exploitées, est un peu particulier. Les sentiers de randonnée sont très balisés, parfois bétonnés ou goudronnés. Les sentiers les plus abrupts ou aériens ne sont accessibles qu’avec un permis ou la présence d’un guide. 

Pour y aller : prendre un bus à la gare routière, le 310. Il va s’arrêter à certains spots, en remontant jusqu’en haut des gorges, avant de redescendre. On prend ce bus un peu comme un « hop on, hop off », c’est à dire qu’on peut descendre à n’importe quel arrêt pour visiter/faire une rando, et monter dans le bus suivant pour poursuivre son parcours. Deux inconvénients : certaines routes sont trop étroites pour que les bus se croisent, donc certaines routes sont à sens unique : le bus ne fait donc pas tous les arrêts à la montée ou à la descente. Deuxième point : certaines visites sont rapides et donc on attend le bus suivant…. longtemps.

Très peu de grattes-ciel, la ville est très étalée. J’emprunte un vélo à l’hôtel, et c’est parti pour la grande balade, faute de pouvoir se baigner.

 

Kaohshiung

La 2ème plus grande ville de l’île. Avec un métro dont une des stations vaut le coup d’œil ! 

On y vient pour Lotus pound, une « mare » (un lac) artificielle entourée de temples et de pagodes, tous plus grandioses, ou kitsch, les uns que les autres. Dans un des temples, je fais la connaissance de Steve, jeune homme enthousiaste qui aimerait devenir guide. Je serai son cobaye pendant plus d’une heure, découvrant grâce à lui les rituels bouddhistes et un peu de la culture locale.

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 La jetée et le port valent le détour. Les entrepôts ont été transformés en musées, abritent des commercent ou des laser game. Je peux y faire l’expérience de l’image générée par IA en immersion, c’est magique.

 

Il reste aussi des traces de la colonisation européenne, avec l’ancien consulat britannique, le phare de Cinjin et les restes des remparts.

 

Alors que j’attendais mon train à Kaoshiung pour Tainan, sur le quai, je suis accostée par Vicky. Elle enseigne la sociologie. C’est un des charmes de Taïwan : la propreté et la politesse du Japon, mais le sourire, l’entrain et l’élan vers l’autre des autres pays d’Asie. Tout en finesse, elle vérifie son information, et me conseille de passer la soirée à Anping. Je suivrai son conseil, et je regretterai toute ma vie de ne pouvoir l’en remercier, ce fut magique !

 

Tainan

Quatrième ou cinquième plus grande ville de l’île de Taïwan, c’est aussi une des plus anciennes. On y trouve deux zones d’occupation très distinctes la ville proprement dite, avec sa multitude de temples et ses musées contemporains, et le bord de mer, à Anping.

Une fois mon sac laissé à l’hôtel et un vélo emprunté, je pars donc pour Anping. Heureusement j’ai une carte Sim avec des datas illimitées, ce qui me permet de mettre le GPS. Clairement, les rues sont faites pour les voitures et les scooters. Et je retrouve à Tainan ce que j’ai vécu au Vietnam : les trottoirs défoncés qui servent de parking pour les scooters. Pas le plus rassurant, mais cela se fait. Je passe plusieurs heures là bas, avant de rentrer à l’hôtel prendre la chambre, manger. Je retourne à Anping pour la soirée, mais en bus.

 

Anping donc

On y trouve Fort Zeelandia, construit par les Hollandais, l’entrepôt de Former Tait & Co. Merchant House, dont il ne reste que la ruine, colonisée par un banian. Des échafaudages permettent de la parcourir et de se perdre dans les racines de l’arbre. Un peu plus loin, Eternal Golden Castle est ce qui reste d’une fortification militaire. Impressionnante…. de vide ! Le soir quand j’y retourne, j’assiste à un magnifique spectacle de feu d’artifices et de drones pour célébrer la fin de la fête des lumières.

 

La ville de Tainan

Le lendemain je parcours la ville à pied. Différents temples, dont le temple de Confucius extrêmement didactique, Chikan Tower, temple fortifié, Hayashi Department Store un magasin de l’ère coloniale, qui accueille aussi le plus ancien ascenseur (encore en service) de l’île, la statue de Koxinga

Sun Moon Lake

J’arrive à la garde de Taichung. La ville est grande (la 3ème plus grande) et riche, mais je suis fatiguée des villes. Elle me sert de point de départ pour le cœur de l’île. Après 20 minutes de marche je trouve la petite agence dont les bus vont à Suiche, où je vais loger 2 nuits. Point d’orgue : Sun Moon lake.  Le lac tarabiscoté, où il faut parait-il voir un soleil et un croissant de lune !

C’est un endroit très touristique, mais j’y étais en semaine, et hors vacances scolaires taïwanaises, donc finalement ce n’était pas si peuplé. Et j’ai apprécié cette parenthèse de calme.

Le tour du lac est aménagé, 37 km à vélo, ça monte et ça descend, et ça fait les jambes. Il y a aussi une balade faisable à pied, et des visites : le Temple de Wen Mu et la Pagode de Cian qui accueille mon pique-nique.

Le lever de soleil a été magique !

Taipei

Je retourne à Taipei pour mes deux derniers jours, avec plein d’envies. Oui mais voilà, la météo ne joue plus le jeu : il pleut, et il fait 12 degrés ! Le contraste est saisissant. 

J’avais prévu de prendre le métro pour le bout nord de la ligne 2 et aller faire du vélo le long du sentier aménagé et découvrir le bord de mer à Tamsui. Oui mais…. la pluie redoublant d’intensité, ce n’est plus possible. Je me rabat sur Beitou, son musée des cultures indigènes, ses fumerolles et ses bains en plein air (ce sont les Japonais qui ont rapporté ici l’équivalent des Onsen. Sauf qu’à Taïwan on est pudique, le maillot est obligatoire !

Le lendemain, dernier jour, j’assiste à la relève de la garde au National Revolutionary Martyrs shrine et passe du temps au National Palace museum, où l’on peut voir beaucoup d’objets de la Chine impériale.